18 Nov, 2017

Son engagement pour les Droits des femmes fait partie de sa vie depuis toujours. Elle en a fait son métier, une oeuvre militante et un combat politique. Nathalie Lecordier nous parle des violences faites aux femmes à l’occasion de la Journée internationale, le 25 novembre.
Adjointe au Maire de Bihorel aux affaires sociales, elle est aussi Conseillère départementale de Seine-Maritime en charge de la protection de l’enfance, de la famille et de la lutte contre les violences faites aux femmes et de l’égalité. Elle est par ailleurs Directrice du CIDFF 76 (Centre d’Information sur les Droit des Femmes et des Familles).

Une journée contre les violences faites aux femmes, est-ce encore une nécessité aujourd’hui, en France ?

“Nous avons dans notre pays un bel arsenal de lois pour protéger les femmes, dans la sphère privée, publique, professionnelle etc. Les lois ont évolué : sur le harcèlement sexuel, le harcèlement au travail etc, et il existe de nombreux dispositifs qui permettent d’écouter et d’accompagner les femmes.

Néanmoins le nombre de fémicides ne diminue pas. En 2016, 109 femmes sont décédées des suites de violences conjugales.

Cette question a été une préoccupation majeure pour les gouvernements successifs. Et le gouvernement actuel vient de nommer l’égalité hommes-femmes Grande cause nationale du quinquennat. Je n’ai pas encore entendu Marlène Schiappa – secrétaire d’Etat – parler particulièrement des violences conjugales mais j’espère qu’elle y viendra. Cela reste en tout cas une question majeure”.

Quels dispositifs existe-t-il ?

“Sur la région rouennaise, des associations spécialisées sont regroupées dans des lieux d’accueil. Il existe par exemple le PAVIF (Pôle d’Accueil Violences Intra-Familiales : 02 35 71 26 01) où rencontrer des professionnels formés à l’écoute, au domaine juridique, aux questions d’hébergement…  et qui, souvent en binôme, reçoivent et orientent ces femmes.

Le 3919 : c’est un numéro national  qui oriente sur des structures spécialisées au niveau du département.
Il existe également des dispositifs comme le Téléphone grave danger : une dizaine en Seine-Maritime, attribués sur décision du procureur, lorsqu’une personne est menacée. La victime est suivie sur une période de six mois renouvelable. C’est un téléphone a priori ordinaire : une simple touche permet à la victime de joindre le service de téléassistance accessible 7j/7 et 24h/24, qui peut alerter si besoin les services de police ou gendarmerie.
L’association en charge du dispositif suit parallèlement la victime pour trouver un hébergement, l’accompagner pour un dépôt de plainte, la séparation… pour qu’elle puisse enfin se réapproprier sa vie”.

Que faire de plus aujourd’hui ?

“Mettre l’accent sur l’éducation, la prévention, sur notre manière d’éduquer nos garçons et nos filles, travailler sur l’égalité garçon et fille dès le plus jeune âge.  
Les dispositifs actuels sont assez nombreux pour permettre aux femmes de sortir de la violence”.   

La Ville de Bihorel édite cette année une affiche impliquant les élus. Pourquoi ?

“Il est important de montrer à nos concitoyen.nes que nous, élus, sommes engagés pour cette cause.

Il faut savoir qu’il y a, en France, 1 couple sur 10 où s’exercent des violences. A Bihorel, potentiellement, de nombreuses femmes sont concernées. Ce qu’on souhaite leur dire, c’est que nous sommes sensibilisés : élu.e.s et professionnel.le.s.
Montrer, dire, c’est aussi ne pas être dans le déni, et montrer qu’il y a encore à faire en la matière”.   

Plus d’infos : 
http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/

Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple en 2016 :

http://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/wp-content/uploads/2017/09/Etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-annee-2016.pdf

Contacts :

• Violences Femmes infos : 39 19 (appel anonyme et gratuit)

• PAVIF (Pôle Accueil Violences Intrafamiliales)
19, rue Armand Carrel, Rouen – Tél. 02 35 71 26 01

• CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles)
33 rue du Pré de la Bataille – Rouen
Tél. 02 35 63 99 99 (ligne vigie violences)
9 h – 12 h 30 ; 13 h 30 -17 h (du lundi au vendredi)

Hôtel de Police de ROUEN
Tél. : 02 32 81 43 17
 
Urgences médicales :
15 (CHI Elbeuf, CHU Rouen, CH Havre, CH Dieppe)
CASA (Centre d’Accueil Spécialisé pour Agressions)
au CHU de Rouen – Tél. 02 32 88 82 84

• Hébergement d’urgence :
115

Les commentaires sont fermés

Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com