18 Nov, 2017

Du site industriel subsistent les fours, témoins d’une activité révolue. Les anciens se souviennent de la briqueterie et la démolition de la dernière cheminée en août 78 reste dans beaucoup de mémoires. Avant de devenir parc de verdure, l’Argilière était une industrie qui extrayait et transformait l’argile. Après sa cessation d’activité en 62, elle est laissée à l’abandon.
Ancien élu à Bihorel, Jean-Pierre Ferrès se souvient de la friche industrielle et raconte sa réhabilitation il y a près de 40 ans.

D’où vient l’idée du parc ?

“Le projet date de la mandature 77-83. Claude Leveau était alors maire, et j’étais jeune conseiller municipal. Il m’a proposé d’animer une commission pour monter le projet d’aménagement. C’était une promesse électorale.”

A quoi ressemblait le site à la fin des années 70 ?

“C’était un terrain vague d’où émergeait une cheminée. Il subsistait encore quelques bâtiments de l’ancienne briqueterie Chouard. Le site faisait plusieurs hectares. Il fallait en faire quelque chose.”

Comment s’est monté le projet?

“Nous étions 5 ou 6 dans la commission.Quand Claude Leveau nous a confié ce projet, nous étions enthousiastes, il y avait de quoi faire.  A l’époque, nous avons soumis un questionnaire à la population pour connaître ses souhaits. Et l’architecte Yves Couloume, nous a assistés.”

Quel était l’esprit du projet ?

“On voulait rompre avec l’idée de ce qu’on se faisait d’un jardin public : il n’y aurait ni cloture, ni gardien, ni parterre de fleurs. Ce serait un espace ouvert où tout le monde pourrait circuler librement. Il faut se resituer dans le contexte : nous étions peu après mai 68.
On était également au début du mouvement écologique. Et nous souhaitions que le parc soit un espace au plus près de la nature.”

Une activité très ancienne à Bihorel

Le parc tire son nom de l’exploitation de l’argile (argilière), une activité très ancienne à Bihorel.

Au début du XXe siècle, l’entreprise de travaux publics Alfred Chouard possédait trois briqueteries à Bihorel, dont la Briqueterie de la Madeleine, entre les rues Philibert Caux et Maréchal Juin.
Le site a cessé son activité en 1962. En 1959, à la mort du propriétaire, il ne restait que peu d’argile à exploiter (pour six ans au plus).
La briqueterie comprenait : un bâtiment de fours avec cheminée, trente bâtiments ouverts sur les côtés pour le séchage de la brique, une maison de contremaître rue Philibert Caux, et une carrière d’extraction d’argile.

L’activité est cependant bien plus ancienne. Au Moyen-Âge, une grande partie des terres de Bihorel appartenait aux moines de Saint-Ouen. Dès le XIVe siècle, les moines utilisaient l’argile (pour fabriquer des briques, des pavés) et en vendaient.


Sources :
Du Bois-Guillaume d’hier au Bihorel d’aujourd’hui, Groupe d’histoire et d’Etudes de Bihorel, 1991,
• carte postale de l’ancienne briqueterie, collection de Claude Heu.

Les commentaires sont fermés

Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com