17 Oct, 2018

Au Moyen Âge, tout seigneur, ecclésiastique ou laïque, qui disposait du droit de haute justice possédait son gibet sur lequel les condamnés étaient suspendus sous des fourches pour y être exposés. Pour l’exemple… Celui de Bihorel était implanté au niveau du Château Michelet par la haute justice des moines de Saint-Ouen. Chacun pouvait donc apercevoir sur les hauteurs de Rouen les suppliciés ainsi exposés. La puanteur dégagée incommodait jusqu’aux habitants du quartier Beauvoisine.

Le peuple a renversé et brûlé une première fois les fourches patibulaires de Bihorel en 1382 mais elles ont été reconstruites une année plus tard puis de nouveau relevées pour être redétruites par les Bourguignons en 1473 quand ils sont entrés dans la ville de Rouen.

L’exécuté le plus célèbre est sans doute Jean d’Harcourt, le 5 avril 1356. Tenace défenseur des libertés provinciales, il a été arrêté sans passer en jugement puis décapité et pendu le soir même au gibet de Bihorel. Il aurait déclaré aux gens de Rouen « qu’ils seraient bien serfs et bien mesquins s’ils consentaient à payer leurs impôts. Quant à lui, si un percepteur se présentait sur les terres d’Harcourt, il le lui ferait payer de son sang. » Jean le Bon ne lui en a pas laissé le loisir.

Élodie et Claude HEU

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