21 Oct, 2020

L’hippodrome de Bihorel, c’est plus de 100 ans d’histoire et de festivités. Si aujourd’hui l’hippodrome vibre au rythme des courses et des foires à tout, il était déjà, il y a 100 ans, le théâtre de grandes fêtes.

Il fut une époque où l’on venait à Bihorel pour faire la fête.
“Fin XIXe et début XXe, Bois-Guillaume (avec en particulier ses hameaux des Trois Pipes et de Bihorel) a eu ses fêtes locales. […] Les habitants de Rouen aimaient aux beaux jours monter sur les hauteurs pour y respirer l’air pur et se distraire”, raconte Madeleine Robert, dans Cafés et Guinguettes d’hier et d’aujourd’hui.

A cette époque, cafés et guinguettes étaient nombreux sur le plateau. Et les premières courses sont nées (en 1907).
“Les bouchers, boulangers, épiciers de Bihorel et des environs, auraient eu un jour l’idée de courir avec leurs voitures bâchées servant aux livraisons. Ils engagèrent des paris, des spectateurs également. Ainsi, naquirent, paraît-il, les courses”, relate Gabrielle Sueur, dans son ouvrage Du Bois-Guillaume d’hier au Bihorel d’aujourd’hui.
“Le fermier, M. Pécot, prêtait son pré”, indique Madeleine Robert (dans La Petite Madeleine, Hippodrome et courses).

La Société des courses est fondée en 1907. Les courses se déroulaient à l’endroit actuel, mais dans un champ plus réduit. Il est agrandi en 1911, lorsque les Hospices de Rouen vendent un terrain pour ouvrir la Briqueterie (Argilière).

Les courses acquièrent assez vite une notoriété. Mais la guerre arrive : pas de courses de 1914 à 1918. Après guerre, les courses connaissent une belle renommée.
Gabrielle Sueur raconte : “C’était la fête pour tout le monde, pour les élégantes de Rouen en voitures découvertes, étrennant de belles toilettes et paradant, s’il faisait beau, avec des ombrelles blanches”.
“Sur le terrain s’installaient des marchands de plaisirs (petites pâtisseries), de guimauves. […] Le spectacle commençait par un morceau de la musique municipale de Rouen. Dès que la course était terminée, on gonflait deux ballons”. Ces mêmes scènes sont décrites par Madeleine Robert, dans La Petite Madeleine, Hippodrome et courses : “Quelle émotion quand le ballon
s’élevait, précédé d’un lâcher de ballons baudruches […] Les sacs de lest étaient jetés par dessus bord. Un envol de pigeons et la Marseillaise clôturaient la journée”
.

En 1929, les Trois journées de courses rencontrent un succès éclatant. Au fil des années, de nouveaux aménagements sont réalisés.
La seconde Guerre Mondiale interrompt à nouveau les festivités. En 1946, l’Adieu à Notre-Dame de Boulogne aurait rassemblé 50 000 personnes. Les courses reprennent en 1947.

En 1962, le Centre hospitalier de Rouen, à qui appartient le terrain, envisage d’y construire un hôpital. La Ville finit par acheter l’hippodrome.

Aujourd’hui, l’hippodrome des Trois Pipes accueille 8 courses de trot chaque année, de mars à octobre, organisées par la Société des courses, et deux foires à tout, proposées par le comité des fêtes.
Cette année (2020), la Ville y installe son 5e Festival de musique.

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