14 Dec, 2019

Par Nelly Poirier

La rue Georges Liot – maire de Bihorel en 1896 – honore une famille d’ingénieurs inventifs.
Hippolyte Liot créa l’entreprise en 1876 avec ses fils Victor et Georges. En 1880 il inventa un semoir en lignes si facile à diriger par les ouvriers de ferme qu’il obtint en 1889 une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris. Une carte postale montre des semoirs Liot en gare de Rouen, à destination de la Bulgarie en 1913. Leur luxueux catalogue garantit un matériel équipé de “roues avec jante en bois impérissable” : confiance des Liot en leur charron.
Les ateliers Liot produisaient aussi des pressoirs, faucheuses, moissonneuses, barattes, écrémeuses.
Après la guerre 1914-1918, les deux cousins Raymond (fils de Georges) et Albert (fils de Victor) créent des semoirs plus légers et larges de 5 mètres. En 1932 l’entreprise familiale a obtenu 300 médailles depuis 1872 !
En 1939-1945, l’acier est contingenté, l’entreprise tourne au ralenti. Puis les tracteurs remplacent la traction animale, obligeant les machines à une vitesse plus grande. Vers 1970, des bineuses perfectionnées font la renommée de Liot autant que les semoirs, exportés vers l’Afrique et les Pays-Bas. Mais devant l’utilisation de désherbants sélectifs, Liot doit fermer en 1979. Il restait une quinzaine de salariés et le souvenir d’une famille d’industriels éclairés, très regrettés à Bihorel.
Une facture Liot de 1912 montre la rue de l’Observatoire -actuelle rue G. Liot- longeant les ateliers. La rue du Commerce, à droite, rejoint la rue de la Rampe, que descendaient les attelages pour rejoindre la gare Martainville. Les ateliers et abris pour semoirs étaient au nord de la forge à la haute cheminée, au sud les hangars à bois et les chevaux, pour les livraisons.
Ces bâtiments ont disparu. Demeurent au carrefour de la rue Georges Liot avec la rue de la République les deux maisons de maître: au nord celle de Victor et son fils Albert, qui dessinaient les machines, au sud celle d’Hippolyte Liot, où vécurent Georges, puis Raymond. Pendant plus d’un siècle la famille Liot fit la renommée de Bihorel pour ses machines agricoles et ses progrès techniques. Les bineuses mécaniques reviennent à notre époque pour limiter les pesticides mais ne seront plus fabriquées à Bihorel !

Nelly Poirier, petite-fille d’Emile Douté, charron chez Liot de 1935 à 1950
Merci à sa fille Antoinette, M. Heu et Mme Robert pour leur documentation Groupe d’Histoire et d’Etudes de Bihorel

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